À TOI QUI GÈRE SANS T'EN RENDRE COMPTE

 

Je pense à toi.

À toi qui te lèves, qui avances, qui t'occupes de tout, de tous, de ce qu'il faut faire.

Tu gères le quotidien, les imprévus, les émotions des autres.

Tu trouves des solutions, tu tiens les promesses, tu es là quand il faut.

Et quand on te dit « bravo » ou « merci », tu réponds : « Oh, ce n'est rien. » Ou : « N'importe qui l'aurait fait. » Ou encore : « J'aurais pu faire mieux. »

Je veux te dire une chose, avec douceur : non, n'importe qui ne l'aurait pas fait.

 

Pourquoi tu ne vois pas tout ce que tu accomplis

Quand on est habitué à gérer, on ne voit plus la charge.

On l'a portée si longtemps qu'elle est devenue normale.

Ce qui serait épuisant pour quelqu'un d'autre est devenu, pour toi, « la vie de tous les jours ».

Et puis il y a cette tendance à toujours regarder ce qu'il reste à faire, jamais ce qui a déjà été fait.

Tu cours vers la prochaine chose, sans jamais t'arrêter pour reconnaître le chemin parcouru.

Il arrive aussi que cette habitude vienne de plus loin.

Quand, enfant, on a eu le sentiment qu'il fallait être utile, sage, responsable, ou ne pas déranger pour être aimé, on apprend très tôt à se montrer fort(e) et à minimiser ses efforts.

On confond alors valeur et performance, et on pense que ce qu'on fait est simplement « normal », jamais exceptionnel.

 

Ce que tu minimises, et que tu ne devrais pas

  • Les journées où tu as tenu alors que tu étais fatigué(e).
  • Les fois où tu as soutenu quelqu'un sans que personne ne te demande comment toi, tu allais.
  • Les décisions difficiles que tu as prises, seul(e), en gardant le sourire.
  • Les épreuves que tu as traversées et dont tu parles comme si elles n'avaient pas compté.
  • Les petites victoires que tu n'as jamais célébrées parce qu'il fallait déjà passer à la suite.
  • Ta constance, ta fiabilité, ta présence, que les autres tiennent souvent pour acquises.

Tout ça compte. Même ce qui paraît invisible. Même ce que tu fais sans y penser.

 

Se dévaloriser n'est pas de l'humilité

On pense parfois que minimiser ses réussites est une forme de modestie.

Mais il y a une différence entre être humble et se rendre petit(e).

L'humilité reconnaît ce qu'elle est, sans l'écraser.

La dévalorisation, elle, efface ce qui est beau pour ne pas déranger, pour ne pas se sentir en décalage, ou par peur d'être jugé(e).

Tu n'as pas à te faire plus petit(e) pour être aimé(e).

Et tu n'as pas à attendre la validation des autres pour reconnaître ta valeur.

 

Ce que ça change de se reconnaître

Reconnaître ce que tu accomplis ne te rend pas arrogant(e).

Cela te permet de :

  • Te reposer sans culpabiliser, car tu sais que tu as déjà beaucoup donné.
  • Poser des limites plus facilement, car tu mesures ce que cela te coûte.
  • Recevoir de l'aide et des compliments sans les repousser.
  • Avoir confiance en toi pour les prochains défis, car tu vois enfin que tu as déjà surmonté beaucoup de choses.
  • Arrêter de courir après une perfection qui n'existe pas.

 

Un petit exercice pour aujourd'hui

Prends un papier ou ton téléphone et note trois choses que tu as accomplies cette semaine, même minuscules.

Puis, pour chacune, écris à la place du « ce n'est rien » : « C'était important, et je l'ai fait. »

Relis-les à voix haute.

Laisse-les entrer.

 

Pour toi, qui lis ceci

Tu es plus solide que tu ne le penses.
Tu es plus précieux(se) que tu ne le crois.
Et tu fais plus que ce que tu te l'accordes.

Alors merci.

Pour tout ce que tu portes, tout ce que tu donnes, tout ce que tu fais, même quand personne ne le voit.

Tu as le droit d'être fier(ère) de toi. Dès aujourd'hui. 

 

Les Ailes d'Angéli

Revenir à soi , sans se juger.

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